Discours · 1976

Allocution à Entebbe lors d'une visite en Ouganda

Monsieur le Président et très cher Frère,

Je voudrais, en quelques mots, vous remercier au nom de la délégation qui est venue avec moi, vous remercier de l'accueil chaleureux que vous nous avez réservé et qu'à travers vous, le Peuple ougandais a, à travers moi, réservé au Peuple rwandais. Cet accueil traduit plus que je ne peux le faire par les mots, la chaleur de l'amitié et de la fraternité que nourrissent les deux peuples frères, le Peuple ougandais et le Peuple rwandais.

Monsieur le Président et très cher Frère, ce n'est pas la première fois que je visite votre pays, vous-même, vous avez visité le nôtre et chaque fois que je viens à Kampala et que je visite l'Ouganda, je me sens vraiment chez moi, et lorsque je rentre au Rwanda, je dis toujours à la population rwandaise, combien est forte l'amitié qui unit le Peuple ruandais et le Peuple ougandais et spécialement depuis l'avènement de la deuxième République dans notre pays.

Pendant les discussions que nous venons d'avoir durant l'agréable déjeuner que vous venez de nous offrir, nous avons spécialement insisté sur les rencontres entre les responsables Africains car comme vous le savez, Monsieur le Président, le colonialiste n'avait pas permis suffisamment à ce que les pays frères, comme le nôtre et le vôtre se connaissent et se contactent.

Et je crois que nous l'avons suffisamment souligné, l'Unité Africaine ne peut pas être solide s'il n'y a pas une base d'entente régionale entre les pays voisins, entre les pays qui partagent un sort commun. Et c'est dans ce cadre-là que chaque fois que nous le pouvons, nous avons toujours l'agréable désir de visiter votre pays, autant que nous le pouvons, et de nouer les contacts entre le Peuple ougandais et le Peuple rwandais.

Et vous l'avez souligné aussi, Monsieur le Président, nos pays, nos deux pays connaissent des problèmes semblables, des problèmes économiques, des problèmes de développement, qui sont communs à tous les pays du Tiers Monde, qui sont communs à tous les pays qui ne sont pas encore matériellement développés.

Mais, nos deux pays connaissent en plus de ces problèmes économiques des problèmes qui résultent spécialement de leur situation d'enclavement, nos deux pays partagent donc le même sort. Et en venant ici, en Ouganda, nous avons voulu engager une concertation de façon que la fraternité et l'amitié qui unit le Peuple ougandais et le Peuple rwandais nous aident à résoudre ensemble, à nous épauler mutuellement dans les difficultés que nous traversons.

Vous l'avez souligné, l'indépendance politique ne peut être solide que si elle est accompagnée de l'indépendance économique. Que nous essayions de faire tout ce que nous pouvons faire nous-mêmes et que nous échangions entre nous ce que nous pouvons. Ce que l'Ouganda produit qu'il puisse nous le revendre et ce que le Rwanda produit qu'il puisse l'échanger entre le Peuple frère ougandais. Je crois que c'est là, la base d'une coopération franche. Avant d'aller chercher une coopération lointaine, commencez d'abord par les pays qui partagent les mêmes frontières.

En tout cas, c'était ce souhait, avec les salutations fraternelles du Peuple rwandais, que nous apportions ici dans un message que m'a confié le Peuple rwandais et que je viens de vous livrer.

Encore une fois, Monsieur le Président, merci de l'accueil, merci de l'hospitalité et si vous le voulez bien soyez interprètes du Peuple rwandais pour traduire au Peuple ougandais la chaleur de l'amitié que le Peuple rwandais nourrit à l'endroit de votre Peuple.

Merci Monsieur le Président.