Excellences Messieurs les Chefs d'Etat et de Gouvernement,
Excellences Messieurs les Chefs de Délégations,
Excellences Messieurs les Ministres,
Excellences Messieurs les Membres du Corps Diplomatique,
Mesdames, Messieurs,
Nous voici au terme de nos travaux après une semaine de dur labeur à tous les niveaux! Experts, Ministres, Chefs d'Etat et de Gouvernement, tout le monde a fourni le meilleur de lui-même pour que l'OCAM, notre OCAM, ce creuset de notre unité, ce ferment de notre solidarité, pour que l'OCAM, dis-je, qui nous a rendu de si grands services et qui nous est si chère, soit guérie de tous les maux qui l'ont affectée pendant ces dernières années.
Ceux qui s'attendaient à nous voir enterrer notre Organisation à Bangui, seront déçus.
Les résultats de nos travaux sont là, en effet, pour les convaincre qu'une fois de plus, ils se sont mépris sur le sens véritable de notre solidarité et de notre cohésion.
A l'OCAM, nous pensons et agissons par nous-mêmes et pour nous-mêmes. C'est fier de ce principe que, tout au long de nos travaux marqués du sceau particulier de la franchise, de cette franchise si africaine, nous avons analysé minutieusement, avec la sérénité et le sang-froid qu'il fallait, tous les problèmes qui se posaient réellement à l'OCAM.
Certains jetaient le doute sur l'avenir de notre Organisation. A ceux-là nous réaffirmons, avec force et solennité aujourd'hui plus qu'hier, que dissoudre I'OCAM est pour nous impensable. Plus de dix années de coopération, nous ont laissé un bilan largement positif.
Dans la vie d'une Organisation, tout comme dans celle d'un homme, la fin d'une décade est toujours une occasion de pause pour réfléchir.
A Bangui, nous avons pu nous rendre compte de certaines lacunes que nous devrions combler. Vous comprendrez alors aisément que nous nous soyons trouvés dans la nécessité de revoir essentiellement les objectifs et les structures de I'OCAM, et ce, dans le but d'insuffler à notre Organisation un dynamisme nouveau.
Les mesures concrètes que nous avons adoptées à cet égard, allant de la révision des objectifs prescrits dans la Charte de l'OCAM au réaménagement des rapports de notre Organisation avec ses entreprises communes, nous permettront d'aller de l'avant dans le sens de l'unité africaine, avec plus d'assurance et d'efficacité.
La raison d'être fondamentale de l'OCAM est le renforcement de la coopération et de la solidarité entre ses membres. Rien d'étonnant donc que nos assises de Bangui aient abouti sur la création d'un fonds de garantie visant le développement économique et social harmonieux de nos pays respectifs.
Des calamités du genre de celles qui frappent si durement les pays du Sahel sont des occasions où devait se manifester d'une façon concrète et tangible la solidarité qui nous unit. Il m'a été agréable d'enregistrer avec satisfaction que notre décision de Port Louis de faire émettre par nos Administrations postales un timbre dont les recettes, modestes certes, seraient destinées à nos frères du Sahel a porté ses fruits.
Cependant, nos actions ne devraient pas s'arrêter là. Face à cette sécheresse, dont les sinistres conséquences compromettent dangereusement le développement économique et social des pays concernés, particulièrement dans la conjoncture inflationniste actuelle, nos préoccupations doivent résider principalement dans la recherche des voies et moyens susceptibles d'apporter notre aide aux populations éprouvées.
C'est dans cette même perspective de coopération et de solidarité que nous avons décidé de créer et d'installer à Ouagadougou, un centre de production et un consortium de distribution de films.
Dans le domaine des affaires culturelles, nous nous sommes particulièrement penchés sur les problèmes de la jeunesse. Cette jeunesse dont le bien-être et l'épanouissement sont une de nos préoccupations constantes.
Les problèmes culturels ne pouvaient pas, également, manquer de retenir notre attention. Nos décisions dans ce domaine soulignent la nécessité de revaloriser la culture africaine et d'en faire une culture militante, fondée sur la primauté des valeurs de civilisation du monde noir. Cependant, cette réhabilitation de la culture négro-africaine doit s'accompagner, pensons-nous, d'une ouverture aux apports culturels des autres peuples en ce qu'ils ont de meilleur et d'enrichissant, car notre souci est de participer à l'élaboration de la civilisation de l'Universel.
En ce qui concerne les affaires économiques, je suis heureux d'être en mesure d'affirmer qu'elles ont retenu notre meilleure attention.
Nombreuses sont les questions économiques que notre conférence a longuement étudiées. Il me plaît, entre autres, de souligner l'importance particulière que nous avons accordée aux négociations de la nouvelle convention d'association entre la Communauté Economique Européenne d'une part, et les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) d'autre part.
Les multiples efforts déployés par nos négociateurs, particulièrement au cours de la récente conférence ministérielle de Kingston en Jamaïque, ont été fort appréciés par tous les Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'OCAM. En effet, leur savoir-faire a permis aux négociations de sortir des sentiers embourbés où elles risquaient de s'enliser définitivement. Je saisis l'occasion pour les féliciter des remarquables résultats obtenus à Kingston, résultats qui doivent stimuler leur zèle et leur ardeur dans le travail difficile que nous leur avons confié.
Puisse, cette relance des pourparlers, permettre à tous les partenaires à la nouvelle association de redoubler d'efforts pour parvenir au terme de leurs travaux avant l'échéance de la Convention de Yaoundé II.
C'est en tout cas le voeu fervent que la Conférence de l'OCAM émet sur cette question qui nous préoccupe au plus haut point.
Je voudrais m'acquitter ici de l'agréable devoir de présenter en votre nom, nos chaleureuses félicitations à mon éminent prédécesseur, S.E. M. Léopold Sédar SENGHOR, Président de la République du Sénégal, pour la manière brillante avec laquelle il a accompli la mission que nous lui avions confiée. Monsieur le Président, vous avez été un coordinateur efficace et votre action a contribué puissamment à la constitution du groupe des pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.
L'augmentation effrénée des taux de fret dans les transports maritimes constitue une inquiétude partagée par l'ensemble des membres de notre Communauté. Il n'est donc pas étonnant que notre conférence se soit également penchée sur ce problème. Les études en cours, ainsi que celles qui sont projetées doivent nous permettre, dans des délais raisonnables, une maîtrise progressive d’un secteur aussi vital.
Suite à nos précédentes instructions, les Ministres chargés de l'aviation civile dans nos Etats ont entamé la révision complète de la Convention dite de Saint-Louis, portant création de l'Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA).
Nous voulons qu'ils sachent que leurs travaux ont reçu de la part de notre conférence, une approbation unanime. Il est souhaitable que leur tâche se poursuive dans la même direction en vue d'une rénovation complète de l'ASECNA.
Mon intention aurait été d'arrêter l'énumération de quelques problèmes économiques importants que nos assises de Bangui nous ont permis d'aborder.
Pourtant, je ne saurais passer sous silence le problème fondamental de l'industrialisation sur une base régionale. Le mémorandum de Kingston, là aussi, tout en apportant des arguments supplémentaires en faveur de la coopération au sein de l'OCAM, ouvre des perspectives nouvelles de relations fructueuses entre la Communauté Economique Européenne et nos pays.
La coopération avec le monde arabe enfin, a fait l'objet de nos préoccupations. Nous voulons la poursuivre et la développer parce que nous croyons aux liens traditionnels et historiques qui unissent Arabes et Africains et aussi parce que, ensemble, nous voulons recouvrer notre droit à la souveraineté sur les ressources naturelles de nos pays.
Chers Collègues.
Mesdames, Messieurs,
Je ne voudrais faire ni un discours compte rendu ni un discours programme. Je me réserve l'avantage de vous laisser juger, par les actions que j'entreprendrai, de ma foi dans notre Organisation et de mon souci de mériter la confiance que vous avez bien voulu manifester à mon Pays le Rwanda en m'élevant à la présidence de l'OCAM, ce dont je vous remercie.
Permettez-moi avant de terminer, de remercier en votre nom toute la population de Bangui, le Peuple Centrafricain, son Gouvernement et son Chef si vénéré, le Maréchal Jean Bedel BOKASSA. La chaleur et la gentillesse des attentions dont nous avons été entourés, l'ordonnance et la majesté des manifestations qui ont accompagné notre séjour, resteront profondément gravées dans nos coeurs.
Et puisque demain le 13 août est le grand jour anniversaire de l'Indépendance de la vaillante et généreuse République Centrafricaine; je me réjouis d'exprimer au nom de tous mes collègues ici présents, au nom de toute la famille de l'OCAM, ainsi qu'en mon nom propre nos vives et chaleureuses félicitations au Maréchal Jean Bedel BOKASSA, au Gouvernement et au Peuple Centrafricains.
La République Centrafricaine a donné plus que la preuve de son attachement à l'unité et à la solidarité africaine. Je ne peux que lui souhaiter de continuer sur cette voie et d'aller de progrès en progrès pour le bonheur du peuple centrafricain et la gloire de l'Afrique.
Et maintenant, je voudrais dire à notre Frère, le Maréchal BOKASSA, qu'il a mérité de l'OCAM, qu'il a mérité de l'Afrique toute entière.
Je vous remercie et déclare ainsi clos les travaux de la 8e Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Organisation Commune Africaine et Mauricienne.