Discours · 10 février 1977

Discours de clôture de la 9e conférence des chefs d'État de l'OCAM à Kigali

Excellences Messieurs les Chefs d'Etat et de Gouvernement et Très Chers Frères,

Excellences Messieurs les Chefs de Délégations,

Excellences Messieurs les Ministres,

Excellences Messieurs les Membres du Corps Diplomatique et Consulaire,

Distingués Délégués,

Mesdames, Messieurs,

Militantes, Militants du M.R.N.D.

Hier à l'ouverture de la neuvième conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Organisation Commune Africaine et Mauricienne (OCAM), l'occasion nous a été donnée d'exposer devant vous le bilan des activités qu'ensemble nous avons entreprises depuis le Sommet de Bangui.

Nous avons également brossé un bref éventail des principes que nous entendons respecter dans l'édification de notre Organisation et les espoirs que nos expériences passées nous autorisent à former en son avenir.

Nous venons au cours de nos travaux de constater par nous-mêmes et de montrer au monde qui nous observe, combien affirmées sont nos affinités, combien profond est notre désir d'œuvrer pour une compréhension fraternelle de nos problèmes respectifs.

Nous venons de prouver, une fois de plus qu'en dignes fils de l'Afrique, nous ne pouvons aller en deçà de l'ampleur des obligations que nous nous sommes volontairement imposées en mai 1963 dès la création de l'Organisation de l'Unité Africaine, obligations de construire l'Afrique, et de parachever son indépendance. C'est sur cette foi, et nous nous permettons de le souligner publiquement, que chacun de nos Etats mesurera ses actions et son comportement.

L'accord très large que nous avons pu réussir autour des recommandations de nos Ministres des Affaires Étrangères et d'autres points inscrits à notre ordre du jour ne doit pas apparaître comme étant le résultat de l'habitude.

Cet accord, nous l'avons heureusement atteint, sans qu'il ait été nécessaire d'écarter d'emblée les discussions très poussées, mais qui au lieu de paralyser nos travaux, ont bien permis au contraire, outre un examen approfondi des questions, de mesurer la contribution que nous entendons apporter à l'édifice commun.

Les décisions que nous avons arrêtées, nous ne l'avons fait ni en considération de quelque intérêt en dehors de notre Organisation, ni en opposition à quelque groupement que ce soit. En effet, comme nous le déclarions à Bangui en août 1974, «A l'OCAM, nous pensons et agissons par nous-mêmes et pour nous-mêmes. C'est fiers de ce principe, avions-nous poursuivi, que tout au long de nos travaux marqués du sceau particulier de la franchise, de cette franchise si africaine, nous avions fait une analyse minutieuse, avec la sérénité et le sang froid qu'il fallait, de tous les problèmes qui se posaient à l'OCAM ».

Aux présentes assises également que notre pays et notre peuple ont eu l'insigne honneur et le privilège d'accueillir, ce que nous avons élaboré nous l'avons fait de nous-mêmes et pour nous-mêmes avec la même foi et la même détermination qui caractérisent notre Organisation dans les circonstances difficiles et pleines d'obstacles.

C'est grâce à cette volonté inébranlable, à cette maturité politique à toute épreuve que l’OCAM se confirme comme étant l'organisation où prévalent l'harmonie et la fraternité.

A ce stade qu'il nous soit permis de rendre un hommage mérité à toutes les délégations pour leur efficacité, leur pondération, leur coordination en un mot leur sens élevé de la responsabilité.

Que ce soit pour les questions économiques, financières et de transport, ou les questions sociales, culturelles et techniques, que ce soit pour les questions budgétaires, administratives ou juridiques, nous pouvons déclarer solennellement que nous avons tout mis en oeuvre pour arrêter une position commune et en ceci nous avons également confirmé notre cohésion.

Pour permettre à notre Organisation de s'engager résolument dans l'action positive et dynamique que nous lui avons assignée à Bangui, les questions économiques, sociales et culturelles ont retenu toute l'attention de notre assemblée.

Nous avons approuvé le projet de Convention portant création et statut d'un fonds de garantie et de coopération commun aux Etats membres de l'OCAM et pris les mesures nécessaires pour sauvegarder la crédibilité du fonds vis-à-vis des sources extérieures de financement.

Dans le domaine de l'industrialisation des Etats de l'OCAM sur une base régionale, nous avons chargé notre Secrétariat Général de poursuivre ses efforts et notamment de faire le point de ses expériences en matière d'industrialisation, et de mener d'ores et déjà les pré-études concernant certains grands projets identifiés ou à identifier dont l'ouverture inter-régionale apparaît nécessaire pour leur réalisation.

Ce faisant le Secrétariat devra être constamment guidé par le souci de déterminer de la façon la plus précise possible comment insérer les projets d'industrialisation sur une base régionale dans le processus de développement de l'ensemble de nos Etats en tenant compte des principes de la solidarité et de l'équité.

Qu'il nous soit permis de saisir ici l'occasion de renouveler au nom de l'Organisation Commune Africaine et Mauricienne, nos vifs remerciements envers les organismes internationaux de coopération pour leur collaboration et assistance dans les domaines aussi variés que prioritaires.

La présente session a donc été marquée, comme il se devait, par l'importance très grande que nous avons accordée aux questions économiques. Mais nous n'avons pas pour autant négligé des questions qui ont trait au développement social et culturel ni au bon fonctionnement de Notre Secrétariat.

En effet pour permettre à notre Organisation d'honorer ses responsabilités aussi bien internes qu'extérieures, nous avons arrêté un budget satisfaisant et mis au point d'autres instruments de travail pour le meilleur fonctionnement du Secrétariat Général de notre Organisation.

Nous estimons, contre tout présage des prophètes de malheur, que le plus difficile aura été de donner une impulsion nouvelle à notre Organisation, mais dès lors que nous avons surmonté les obstacles qui nous ont toujours été opposés sous quelques apparences de raison tel que le caractère géographique de nos Etats, nous pouvons avec confiance et sécurité nous engager dans la voie quelquefois difficile mais exaltante de nos réalisations.

Nous pouvons affirmer solennellement que l'OCAM rénovée a atteint sa vitesse de croisière. Nous pouvons l'affirmer par le renforcement de notre Organisation et l'adhésion d'un nouvel Etat, par la participation de tous les Etats membres et de tant d'Organisations internationales et régionales, par le nombre et la qualité des Délégués et Observateurs, par l'ampleur du travail accompli et le sérieux qui a présidé à toutes les réunions, et enfin par les perspectives nouvelles et encourageantes qui se dégagent de nos assises.

Nous pouvons donc réaffirmer à la face de l'Afrique que notre système de coopération est à la disposition de tous et qu'en particulier nos entreprises communes de formation et de recherche sont ouvertes à tout Etat Africain qui désire y adhérer.

Enfin, nous voudrions souligner combien il a été encourageant de constater l'ardeur et le sérieux avec lequel le Conseil des Ministres a examiné les points inscrits à son ordre du jour et dont nous venons d'adopter les recommandations.

Nous voudrions leur adresser ici notre appréciation ainsi qu'à tous leurs collaborateurs qui de près ou de loin ont contribué à assurer le maximum de réussite des présentes assises.

Nous voudrions également renouveler nos félicitations au Secrétaire Général, à tous les fonctionnaires et agents du Secrétariat Général de l'OCAM dont le dévouement et la compétence nous ont été fort utiles au cours de l'exercice de nos fonctions et par le bon déroulement de ce Sommet.

Excellences Messieurs les Chefs d'Etat et de Gouvernement et Très Chers Frères,

Excellences Messieurs les Chefs de Délégations,

En notre qualité de représentant du pays hôte, il nous tient particulièrement à coeur de vous exprimer toute notre reconnaissance pour les marques de sympathie, d'amitié et de fraternité que vous nous avez témoignées en répondant à notre invitation.

Nous espérons que votre séjour dans notre pays aura été le plus agréable et le plus fructueux possible. Nous demandons à nouveau votre indulgence pour les lacunes éventuelles que vous auriez pu constater dans notre système d'accueil. Soyez sûrs que le Peuple rwandais, mobilisé au sein du Mouvement Révolutionnaire National pour le Développement, vous a réservé la chaleur de toute sa profonde amitié, de sa fraternité et de son indéfectible attachement.

Enfin, nous pouvons vous assurer combien nous serons heureux de nous retrouver dans deux ans à Cotonou en République Populaire du Bénin et de travailler ensemble, avec la même foi, dans la même atmosphère de cordialité, de franchise et de fraternité.

Le Gouvernement et le Peuple rwandais vous remercient également de la confiance que vous venez de leur renouveler par la reconduction de mon mandat de Président en exercice jusqu'au plus prochain Sommet de notre Organisation.

Nous aimerions pour finir faire savoir à chacun de vous, que le Rwanda par notre voix vous dit merci d'être venu et vous souhaite un excellent voyage et un bon retour dans vos pays.

Nous déclarons close la 9e conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Organisation Commune Africaine et Mauricienne.

Vive l'OCAM,

Vive la Coopération Interafricaine.