Discours · 5 avril 1990

Allocution au déjeuner offert par le Conseil général du Loiret

Monsieur le Président du Conseil Général,

Madame MALECOT,

Messieurs les Conseillers Généraux,

Mesdames, Messieurs,

Quelle joie pour nous, mon épouse, mes collaborateurs et moi-même, de nous retrouver chez vous, de retrouver cette chaleur de l'amitié, cette ambiance de gaîté et de convivialité qui nous rappelle ce qui compte vraiment dans la vie – dans la vie des gens, dans la vie des peuples !

Que ma dernière visite au LOIRET date de deux ans et demi déjà – on a de la peine à le croire !

En réalité c'est comme si elle avait eu lieu hier. Tellement je me sens heureux d'être ici où, il est vrai, je me sens comme chez moi.

Deux ans et demi déjà se sont écoulés depuis la signature des accords de jumelage entre le LOIRET et la Préfecture de BUTARE. Depuis lors, l'amitié s'est affirmée et bien des choses ont été réalisées !

Monsieur le Président du Conseil Général,

Vous avez eu tous, Monsieur le Préfet, vous-même au cours du déjeuner, Monsieur le Maire de Chilleurs aux Bois, des paroles si aimables, si chaleureuses à l'endroit de cette coopération innovatrice, à l'endroit de ma délégation – je vous en remercie très sincèrement. Je ne puis par là que mesurer la profondeur de l'amitié qui s'est établie entre nous et nos peuples concernés.

La coopération par le jumelage de Régions, et de Communes c'est en vérité, une aventure passionnante, pleine d'imprévus, mais pleine aussi de surprises et de satisfactions profondes !

C'est la recherche conjointe et enthousiaste, d'un chemin qu'il faut commencer par concevoir, qu'il faut ensuite tracer et construire, avant de pouvoir l'emprunter avec succès.

Ce que nous avons su réaliser en deux ans et demi est, à vrai dire, étonnant.

Le chemin que nous avons commencé par tracer est riche en promesses. Les premiers pas que nous y avons faits sont sources d'une grande fierté. L'apprentissage réciproque de nos identités, de nos particularités et de nos sensibilités a été rempli de découvertes et d'exaltations.

Qu'il me soit permis d'avancer comme preuve les nombreuses actions entreprises, et les succès obtenus dans des secteurs aussi variés que l'enseignement, la santé, les échanges culturels, le tourisme et la production agricole.

Comme pour bien des choses, je crois, le processus parfois semble plus gratifiant, plus exaltant, mais aussi plus dur, frustrant que le résultat en tant que tel, car c'est bien le processus qui est découvert, qui est formateur, qui est catalyseur de changement, d'apprentissage, de sublimation.

Le résultat devient alors quelque chose qui en découle automatiquement, une fois que l'on a maîtrisé le processus.

L'obtention d'un résultat, l'atteinte du but font alors oublier les ardeurs des efforts fournis, les barrières surmontées, les écueils évités, les déceptions avalées.

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs,

Un dicton rwandais dit : « IFUNI IBAGARA UBUCUTI NI AKARENGE », ce qui signifie : « Ce sont les visites réciproques qui raffermissent l'amitié » !

Quel autre moyen plus idoine que le jumelage, permettrait de mieux réaliser cet impératif.

Je suis intimement convaincu que les gens doivent se connaître ; si les gens se connaissaient mieux, avaient l'occasion de se fréquenter – combien de cette incompréhension entre les gens, entre les races ne pourrait être éliminé à tout jamais !

C'est pour moi l'une des plus belles promesses du jumelage, l'une des forces majeures que de voir se tisser les relations vives entre les peuples, entre les gens, et surtout entre les jeunes.

Voilà pourquoi je voudrais mettre en exergue deux exemples qui m'ont foncièrement touché, deux exemples qui, au-delà de tous les autres résultats si encourageants de notre aventure commune, symbolisent pour moi la voie de sa réussite.

Je veux parler de ces jeunes gens – l'avenir de leur pays – venus, grâce à l'Association Cigales et Grillons, en franchissant courageusement la mer, pour construire une classe pour les petits élèves du Groupe Scolaire de NGOMA.

Je veux parler de ces 30 jeunes écoliers du LOIRET qui ont rendu visite à leurs confrères et consoeurs de la Préfecture de BUTARE.

C'est en effet la plus belle façon de construire un monde meilleur que de former l'esprit des jeunes, que de leur faire découvrir l'Afrique, que de les amener à croire en la solidarité des peuples.

Monsieur le Président du Conseil Général du LOIRET,

Madame MALECOT,

Messieurs les Conseillers Généraux,

Mesdames, Messieurs,

J'aimerais saisir cette occasion privilégiée pour vous exprimer, et à travers vous, aux populations du LOIRET, la profonde gratitude qui est celle du RWANDA, et en particulier celle de la Préfecture de BUTARE pour tous les élans de solidarité et de générosité que vous n'avez cesse de prouver envers nos paysans, envers nos écoliers, envers nos malades par l'encadrement, par la formation, par les appuis à la production, par la fourniture d'équipements et de produits pharmaceutiques par le jumelage entre écoles.

J'aimerais aussi rendre hommage, un hommage sincère et chaleureux, au dynamisme de toutes ces personnes qui animent la coopération du LOIRET au RWANDA et en particulier à Monsieur et Madame MERLET, ces personnes dévouées qui vivent au jour le jour les problèmes de nos populations et qui ont accepté de les partager.

J'aimerais enfin exprimer à vous-même, Monsieur le Président, et à votre équipe pour votre engagement convaincu qui a permis de cimenter cette coopération-jumelage originale et intense, et qui est à l'image de l'excellence des relations d'amitié et de coopération entre le RWANDA et la FRANCE.

Permettez-moi alors, Mesdames, Messieurs, de souhaiter longue vie, santé et bonheur à Monsieur KLEBER MALECOT, Président du Conseil Général, à Madame MALECOT, santé et bonheur à vous tous, amis du RWANDA, et pérennité aux relations d'amitié et de coopération entre le LOIRET et le RWANDA.

Je vous remercie.