Mesdames, Messieurs les députés,
Mes Chers compatriotes,
Chers amis du Rwanda,
Demain, cela fera une année exactement que notre pays aura fait l’objet d’une attaque armée, aux conséquences si tragiques pour lui, interrompant l’avance de son développement si bien entamé
Cette guerre n’a pas seulement empêche le déroulement harmonieux du processus de démocratisation, voulu ardemment par le peuple rwandais, processus lancé, comme nous le savons tous, bien avant la guerre d’octobre, mais elle a aussi compromis à la relance économique attendue, et retarde le progrès social de notre population. Par-dessus tout, elle a infligé des souffrances indicibles à notre population, avant tout à celle se trouvant dans les régions frontalières de notre pays.
Ces évènements tragiques ont exigé de la part de notre population un sang froid exceptionnel, auquel je tiens à rendre hommage une fois de plus; c’est grâce à ce sang froid, à cette capacité de maîtrise d’une situation d’une gravité exceptionnelle, et dont nos amis disent qu'elle a été remarquable, que nous avons pu éviter le pire.
Ces évènements ont aussi exigé de la part du Gouvernement rwandais et de ses Forces armées le maximum d’efforts et d’engagements afin de sauvegarder la souveraineté du territoire national. Cela fut fait définitivement fin octobre 1990. Depuis, malgré le harcèlement continu auquel notre pays a été exposé, nous nous sommes efforcés, par tous les moyens, de trouver des solutions définitives pour ramener la paix dans la région.
Nous n’avons cesse d’oeuvrer pour la réconciliation de toutes les Rwandaises et de tous les Rwandais, multipliant appel sur appel pour que les hostilités cessent, pour que nos agresseurs arrêtent cette absurdité de guerre. Vous étiez, Mesdames, Messieurs les Députes, les témoins privilégiés de l’action intense, menée sans trêve ni repos par votre gouvernement en faveur de ces objectifs véritablement existentiels de la réconciliation nationale et du retour à la paix.
Nous avons ainsi, dès fin décembre, tablé sur une attitude active, dynamique, engagée, afin do surmonter au plus vite les affres de la guerre, ses séquelles; c’est ainsi que nous avons placé, vigoureusement et pleins de confiance, l'année 1991 sous le signe de la reconstruction nationale.
Reconstruction nationale, dans le sens de reconstruire ce qui a été détruit.
Reconstruction nationale aussi, dans le sens de la réconciliation des esprits, dans le sens de la reconquête de l’unité nationale, de la «re-cimentation» de la paix nationale!
Rien ne nous a jamais été plus cher, plus désirable, rien de plus pressant non plus, que de rétablir la paix, chez nous, dans notre région.
Rien n’est plus cher au peuple rwandais, il n'y a rien auquel il n’aspire davantage, aujourd’hui plus encore que hier, puisqu’aujourd’hui nous savons encore mieux que hier mesurer ce que signifie véritablement «paix et unité» rien auquel le peuple rwandais aujourd’hui n’aspire plus qu’au retour de la paix.
Nous voulons tous la paix, nous la voulons tous, nous l’avons toujours tous voulue, nous voulons tous la paix et l’entente, cette paix et cette entente qui ont tant et si fondamentalement caractérisé le progrès du peuple rwandais, ce développement réel que le Rwanda a connu et qui fait notre fierté à nous tous.
Aujourd’hui, Mesdames, Messieurs les Députes, Mes chers compatriotes, aujourd’hui nous voulons faire un pas déterminé de plus vers le retour définitif de la paix et de la réconciliation nationales.
Il s’agira d’abord de deux projets de loi que j’ai l’honneur de soumettre à votre attention.
Le premier, intitulé «Projet de Loi portant amnistie et vole de solution au problème des réfugiés rwandais», est une initiative, comme son nom l’indique, qui vise à créer un climat favorable à la solidarité et à la concorde nationales et à prévenir les affrontements interethniques entre Rwandais.
Cette initiative est parfaitement cohérente avec l’engagement découlant de la Déclaration de Der-Es-Salaam, demandant au Rwanda de déclarer une amnistie générale en faveur des réfugiés tels que définis par la Convention des Nations Unies de 1951 et la Convention de l’O.U.A. de 1969 sur les réfugiés.
Le Rwanda, comme il s’est engagée à le faire, devra se prononcer, par la voix de son Parlement., en faveur d’une nouvelle et définitive Déclaration solennelle, invitant nos compatriotes réfugiés à rentrer dans leur pays, en leur garantissant sécurité et bon accueil.
Cela se fait, selon les usages en vigueur en matière de politique de réfugiés, par ce que l’on appelle une amnistie générale. C’est cela le sens et la portée du projet d’amnistie, étudié et approuvé par le Gouvernement, qui vous est soumis aujourd’hui.
Parallèlement et simultanément vous est également soumis un projet de Loi portant amnistie générale qui vise lui aussi la création d’un climat favorable à la solidarité et à la Concorde nationales.
C’est encore conformément à l’esprit de la Déclaration de Dar-Es-Salaam que ce projet d’amnistie générale vous est soumis par le Conseil du Gouvernement pour étude et approbation par au delà de notre désir de contribuer efficacement au rapatriement de nos compatriotes, donc à régler ce problème une fois pour toutes, pour qu’il n’y ait plus jamais de Rwandais réfugiés dans le monde car au-delà de notre volonté de démontrer que votre Gouvernement s’est engage à éliminer tout obstacle qui empêcherait ce retour des Rwandais dans leur pays d’origine, au-delà de cela, il est évidemment du plus haut intérêt pour notre pays, pour 1’ava.ncement et l’approfondissement de notre démocratie, qu’il y ait un climat d’entente, de concorde, de réconciliation, le plus favorable possible à un débat contradictoire, mais pacifique, excitant, mais responsable, des divers projets de société sur lesquels le peuple rwandais sera appelé à s’exprimer dans un avenir proche.
En particulier, en vertu même du pluralisme politique, instauré démocratiquement et pacifiquement par le Parlement élu, lorsqu’il s’est prononcé, le 10 juin dernier, après de longs et passionnants débats, l’unanimité, sur le projet de Constitution révisée, élaboré par la Commission nationale de synthèse, en raison même de l’instauration du pluralisme politique, il est fondamentalement souhaitable que toutes celles ou tous ceux qui auraient pu manifester des opinions qui ne s’inscrivaient pas dans les strictes limites des principes politiques de la Constitution antérieure, telle qu’approuvée par voie référendaire par le peuple rwandais en 1978, puissent librement exposer et défendre leurs conceptions, fût-ce par la création de partis politiques ou par la libre adhésion aux partis de leur choix.
De plus, il importe que soit accordée une amnistie générale dont les effets porteraient notamment sur les conséquences d’une condamnation pouvant entraîner, ou ayant entraîné, des déchéances de droits, telles que d’exclusion de l'électorat, ou la déchéance du droit d’être élu en qualité de député ou, le cas échéant, la déchéance du droit de participer à la constitution ou à la direction d’un parti politique.
Ces deux projets de Loi forment un tout inséparable; je vous prie donc de les étudier ensemble, et de les approuver ensemble.
Évidemment, le projet de loi portant amnistie et voie de solution au problèmes des réfugiés rwandais n’étend pas le bénéfice de l’amnistie aux agresseurs qui continueraient à attaquer le Rwanda après la date d’entrée en vigueur de la Loi; cette loi ne couvrira évidemment pas les infractions commises après son entrée en vigueur.
De même, le projet de loi portent amnistie générale exclut certaines infractions graves, parce que nul ne saurait admettre que puissent participer à la vie politique des individus condamnés ou recherches pour avoir commis des infractions graves contre des personnes. Aussi l’article premier du projet vise-t-il une série d'infractions dont les auteurs ou complices ne pourront pas bénéficier de l'amnistie.
Rwandaises, Rwandais,
Nul ne saurait douter de la volonté du Gouvernement et du Parlement rwandais, de notre volonté de nous toutes et tous, de tout tenter pour mettre fin à cette guerre insensée, cette guerre qui a été portée contre notre pays.
C’est notre pays dans son ensemble contre lequel l’agression a été dirigée; voilà pourquoi notre pays a été si uni, si fort, si solidaire, comprenant jusqu’au tréfonds de son âme l’enjeu grave de cette guerre, qui menaçait l’intégrité de notre société, la souveraineté de notre pays, la paix et l’unité nationales, les atouts majeurs qui ont si bien guidé le développement réel de notre société.
Il faudra plus que jamais que notre pays reste uni, solidaire, mobilisé pour un vrai développement, pour l’approfondissement de notre démocratie, pour un avenir rassurant pour nos enfants.
Il faut que le Rwanda reste uni, réconcilié avec lui-même. Et il le restera!
Les deux projets de Loi portant amnistie, je les considère ainsi non seulement comme prioritaires; mais je suis aussi convaincu qu’une fois entrées en vigueur, ces deux Lois portant amnistie permettront de bâtir le pluralisme politique dans notre pays sur des fondations solides, ouvertes, faisant table rase de ce qui, le cas échéant, à cause du passe, eût pu influer négativement sur l’envol pris par les partis, sur la possibilité d’engagement de tout un chacun dans le processus du pluripartisme politique.
Cette guerre, Rwandaises, Rwandais, constitue un blocage énorme, pour notre développement économique et social; elle a aussi handicapé la transition harmonieuse vers un pluripartisme tel que le peuple rwandais l’a voulu, et pour l’instauration duquel bien des forces vives de notre pays, et moi-même, comme vous le savez, nous nous sommes énergiquement engagés.
Comme vous le savez, votre Gouvernement s’est toujours prononcé, nettement et avec conviction, en faveur du principe de négociations avec l’agresseur.
Suite au Mini Sommet régional de Gbado-Lite, et grâce aux actions du Président Banganbida, et du Maréchal Mobutu, à la clairvoyance et à l’engagement desquels je tiens aujourd’hui, au nom du Rwanda, à rendre hommage ici, une rencontre officielle entre des émissaires du Gouvernement rwandais et des représentants du F.P.R. a eu lieu, il y a peu, à Gbado-Lite même.
De cette rencontre, nos émissaires ont ramené les exigences du F.P.R., exigences maximalistes, bien entendu, mais que votre Gouvernement est en train d’étudier.
Ces négociations, c’est votre gouvernement qui doit les mener, mais il ne peut les mener qu’en votre nom, qu’au nom du peuple rwandais!
Ces négociations engagent notre pays tout entier, puisque c’est notre pays tout entier qui a fait l’objet de cette agression, c’est notre pays tout entier qui en a souffert, qui continue à en souffrir; voilà pourquoi j’estime que ces négociations pour rétablir la paix ne sont pas, ne doivent pas être, la seule affaire du gouvernement; c’est l’affaire de notre pays tout entier.
Si votre gouvernement doit pouvoir négocier à partir d’une position sereine, forte et juste et c’est ce que nous voulons tous, puisque nous voulons tous défendre notre pays et lui assurer la paix et l’entente entre toutes les Rwandaises et tous les Rwandais où qu’ils vivent, où qu’ils soient si votre Gouvernement doit négocier à partir d’une position équitable, et qui reflète un certain consensus car nous voulons tous la paix si c’est ainsi, il faut que le gouvernement connaisse aujourd’hui ce sentiment national, puisqu’aujourd’hui, enfin, nous entrevoyons la possibilité réelle de mener des négociations sérieuses avec nos agresseurs.
Nous devons et pouvons donc prendre,une initiative majeure en faveur de la paix, afin que nous ayons une chance de voir cette guerre se terminer, afin que nous ayons une chance de voir la paix revenir, préalable de tant de choses.
Depuis deux,trois mois, plusieurs partis ont vu le jour; certains ont déjà pu se consolider, se faire connaître; d’autres sont en train de le faire; la vigueur du pluralisme politique au Rwanda n’est plus à prouver.
Des consultations que j’ai eues avec des représentants de ces partis, de ce que j’ai pu lire dans leurs publications, les partis voudraient contribuer vigoureusement de leur côté à proposer leurs solutions.
Voilà pourquoi je demande à tous les partis de se réunir pour élaborer une plate-forme pour la Paix, en faveur du retour de la paix, donc de l’arrêt de la guerre.
Je voudrais voir naître une concertation, une consultation entre tous les partis afin que leur point de vue soit connu, et qu’il puisse inspirer et, le cas échéant, appuyer les efforts du gouvernement.
Je demande au Ministre à la Présidence chargé de la coordination des activités gouvernementales d’inviter, dans les meilleurs délais, tous les partis à cette réunion de concertation. Je m’imagine très bien que la réunion puisse élire un président, neutre, ayant une réputation de sagesse et de dévouement à la cause de notre pays, afin que les débats soient dirigés d’une manière efficace et objective.
De leur côté, les responsables ministériels concernés sont à la disposition des participants à cette réunion, pour toute information ou concours qu’ils pourraient leur prêter.
Les partis ont tous reçu le document de position du F.P.R. Je les invite à l’étudier, à formuler leurs remarques et à élaborer des propositions constructives.
Je me suis engagé, en tant que Président de la République, à plusieurs reprises, comme il vous en souviendra, à tout faire pour favoriser les concertations entre les partis afin qu’ils puissant d’emblée pleinement participer à l’enjeu démocratique, se faire connaître, démontrer au peuple rwandais leur maturité, leur sens des responsabilités, leur engagement réel, pour le développement bien compris de notre société, pour la solution de ses problèmes existentiels.
Et quel problème aujourd’hui le serait davantage que le retour rapide à la paix, à des conditions acceptables pour notre pays, pour sa population. Voilà donc la grande promesse de cette première concertation entre les partis.
Pour que nous puissions avancer rapidement dans ces négociations, il faudra que la position du Rwanda soit claire, unie, forte, en ce qui concerne son attitude face à ce qu’il peut faire, doit faire et ne pas faire pour le retour à la Paix.
Cette concertation sur une plate-forme pour la Paix, je m’attends à ce qu’ici, mettons deux semaines, elle puisse avoir pris forme et présenter ses résultats.
Rwandaises et Rwandais,
Pendant cette période difficile, il importe encore plus impérativement que jamais qua l’entente et la concorde nationales règnent partout dans notre pays!
Paix et Unité nationales - voilà les acquis les plus précieux et dont, tous les jours, nous avons pu mesurer l’extrême bienfait.
Même en ces temps si difficiles où une guerre insensée menaçait nos acquis les plus sûrs, même en ces temps si difficiles où nos références les plus stables, les plus réconfortantes semblaient nous abandonner, même en ces temps-là, nous avons, grâce aux enseignements de notre expérience, grâce au fait de notre intériorisation de ces valeurs de paix et d’unité, nous avons su résister et donner au monde l’exemple d’un peuple uni, qui, malgré toutes les tentatives, parfois insidieuses et diaboliques, visant à déstabiliser notre société, à y introduire la guerre civile et le désordre, qui, malgré tout cela, a su éviter de céder aux mauvais penchants, qui, malgré cela, a su préserver la paix intérieure.
Ces valeurs suprêmes de concorde et d’unité nationales nous garantiront aussi, et plus que toute autre chose, l’entrée réussie dans l’ère du pluripartisme.
Notre pays a aujourd’hui une chance énorme, une chance historique exceptionnelle, de maîtriser dans la paix et l’entente nationales le passage d’un système uni partite à un régime multipartite, et de prouver au monde, à ses amis, que 1’Afrique est en mesure d’approfondir, dans l’harmonie, et grâce à un esprit de saine émulation des idées, ses acquis de la démocratie.
Ce passage doit se faire dans la paix et l’entente; ce passage ne doit pas devenir l’occasion de mettre en péril ce qui a fait la réputation enviable de notre pays : la paix intérieure, et la concorde entre les gens.
Aucun parti, et je dis bien aucun parti, ne devrait chercher à déstabiliser notre population, en la terrorisant, en provoquant des troubles et des destructions, en incitant à la haine des personnes et des institutions. Les autorités locales, émanation de l’administration et d’aucun parti, ont reçu instruction de ne tolérer aucune exaction, aucune tracasserie de la population, de quelque côté qu’elles dissent venir.
Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons montrer au monde que nous sommes à la hauteur du défi du pluripartisme : le pluralisme politique devra devenir un acquis positif, exaltant, permettant de surmonter, plutôt que de les exploiter pour des raisons partisanes, les clivages, les différences inévitables dans toute société, de guérir plutôt que de blesser, de construire plutôt que de détruire.
Le pluralisme politique, plutôt que de faire appel aux bas instincts, aux sensations de vengeance et de revanche devra au contraire être un instrument, et un instrument combien puissant, permettant d’élever le débat, de tendre vers le haut, de montrer le chemin vers le progrès, de servir d’aspiration à une société toujours meilleure, de canaliser les espoirs du peuple rwandais en un avenir toujours plus rassurant.
Pour cela, le respect de la paix et de la concorde nationale sera primordial; pour cela, la tolérance doit devenir le mot-clé de notre action.
Mes chers Compatriotes,
Il est facile d’agir contre la paix et l’entente nationales; souvent on ne s’en rend même pas compte tout de suite. C’est ainsi sans le savoir, sans le vouloir, que l’on risque de préparer, que l’on prépare exactement ce que l’on pense vouloir éviter.
Je verrais, quant à moi, comme un pacte tacite qui lierait tous les protagonistes du pluralisme politique un pacte tacite de comportement déontologique inattaquable un pacte tacite pour le respect de la dignité de la paysanne et du paysan, un pacte tacite pour le respect de la dignité du pays, de notre pays, le Rwanda, dans le respect de ce que nos enfants attendent de nous, dans le respect de la tolérance.
J’en appelle aujourd’hui à tous les partis, tous les partis sans exception, pour qu’ils adhèrent à un tel pacte, pour qu’ils maîtrisent les extrémistes en leur sein, et des extrémistes il y en a dans tous les partis, dans tous les partis sans exception, pour qu’ils ramènent à la raison, pour qu’ils leur rappellent leur sens de responsabilité et de tolérance.
Si nous adhérions à un tel pacte, ce serait la meilleure garantie pour que la période de transition soit une réussite.
Justement, la transition!
Mesdames, Messieurs les députes,
Mes chers compatriotes,
Chers amis du Rwanda,
Le Conseil du Gouvernement, en sa séance du 20 septembre passé, s’est vivement félicite des progrès accomplis dans la marche du Rwanda sur la voie du multipartisme.
En effet, depuis environ trois mois, cinq partis se sont déjà formés, et donnent au pluralisme politique rwandais son image et ses promesses.
L’usage a malheureusement fait que certains des partis ont d’emblée été taxés, surtout par les média, de partis d’opposition, usage malencontreux.
Je déplore, en effet, l’usage ainsi fait des mots, suite à une, peut-être compréhensible, psychologiquement parlant, mais objectivement injustifié, amalgame de concepts.
En effet, comme certains des nouveaux partis ne sont, au fond, dans un premier temps, dans une première phase, que la preuve du renforcement, via le pluralisme politique, du processus démocratique, processus amené et favorisé par un consensus national, et entériné par les membres du Parlement rwandais, légitimant ainsi dans les faits ce que l’on appelle multipartisme – l’existence en tant que tells de nouveaux partis n’est pas ipso facto à être considérée comme «opposition».
C’est donc le fruit attendu de la Révision de la Constitution, et il serait, je crois, malheureux de cristalliser une situation en cantonnant tout le monde dans un rôle figé d’avance.
La période de transition prendra fin le jour où, comme la Constitution l’entend, le peuple rwandais aura pu légitimer, en bonne et due forme, par des élections, les nouvelles autorités locales, une nouvelle Assemblée nationale, et un nouveau Président de la République.
La transition devra nous amener vers un régime pluripartite, légitimé par des élections, afin que le peuple rwandais puisse se prévaloir, dans les délais les plus utiles, d’un gouvernement fort, sorti d’élections libres, et capable de reprendre le combat pour le développement continu de notre pays.
Le respect de la légalité, et de son esprit, représente pour notre pays, le meilleur des atouts pour réussir cette transition. Personne n’en est plus convaincu que moi-même.
Voilà pourquoi il n’est nullement dans mes intentions, en tant que Président de la République, de vouloir faire durer inutilement l’article transitoire 101 de la Constitution révisée, article prévoyant que le statu quo pourrait rester en vigueur jusqu’à la fin de la législature en cours. Au contraire, c’est ma volonté profonde de vouloir faire de cette transition une réussite.
J’estime, en tant que Président de la République, que le peuple rwandais – n’est-ce pas l’esprit même de la révision de la Constitution, révision amenée par un consensus national, amenée par les autorités constitutionnelles élues par le peuple – j’estime que le peuple rwandais doit avoir la possibilité de légitimer à nouveau, le plus rapidement possible, l’ensemble des autorités constitutionnelles prévues.
Voilà pourquoi, dans la mouvance politique actuelle, et conformément à la Constitution du 10 juin 1991, Votre Gouvernement, et moi-même, estimons qu’il serait souhaitable, dans l’intérêt national bien compris, de mettre en place un cadre de gestion concerté, durant la période de transition qui devra culminer en des élections multipartites.
Les semaines qui viennent devraient permettre de préciser les contours et le contenu de cette gestion concertée envisagée de la transition.
Voilà pourquoi j’en appelle à chaque parti politique de veiller à contribuer positivement à l’évolution du processus démocratique dans l’approfondissement duquel nous sommes engagés d’une manière irréversible.
En agissant ainsi, nous ne sauvegardons pas seulement les acquis de la Révolution sociale de 1959 que le 30e anniversaire du Kamarampaka nous encore si opportunément rappelés, il y a quelques jours, mais en agissant ainsi nous veillerons également au respect de la forme républicaine de l’État rwandais, et surtout nous maintiendrons notre pays, le Rwanda, dans sa marche infaillible vers le progrès.
Voila, Mesdames, Messieurs les députés, Mes chers compatriotes, Amis du Rwanda, ce que j’avais a vous dire aujourd’hui; et pour terminer:
Implorons le Ciel pour que les pluies ne tardent pas a venir!
Vive le Rwanda!
Vivent la paix et la concorde nationale!