Militantes, Militants,
Vous êtes venus de tous les coins du pays, pour étudier ensemble, réfléchir en commun sur les problèmes qui se posent au Mouvement Coopératif et leur chercher des solutions appropriées. Nous vous encourageons et vous soutenons fermement.
Depuis la date historique du 5 juillet 1973, les Dirigeants de la IIe République n'ont jamais cessé de rappeler à tous les militants et militantes que l'édification de notre Pays ne peut se concevoir sans le concours actif et continu de ses propres fils et filles.
Vous savez que notre Mouvement Révolutionnaire National pour le Développement soutient et encourage ce concours par la mobilisation et la coordination de « toutes les forces vives de la Nation en vue du progrès des populations rwandaises sur la base du rendement individuel optimum et de l'encouragement de toute initiative valable, surtout et par priorité des initiatives collectives ou communautaires, notamment les coopératives de production ».
Nous croyons que l'essor du Mouvement Coopératif dans le processus de développement économique, social et culturel doit prendre son élan à partir de la commune, car celle-ci « constitue l'unité locale d'une direction synthétique du travail rural et de toutes les affaires locales ». Elle est « le noyau de progrès, le seul centre de rayonnement de toutes nos décisions politiques et le seul foyer reliant la préfecture et le Gouvernement aux campagnes dans tous les domaines politique, économique et socio-culturel ».
Notre Mouvement Révolutionnaire National pour le Développement en organisant sur toutes les collines des cellules de développement avait pour but de rendre la commune « un cadre idéal de synthèse du progrès économique et social et un centre de relais obligatoire entre la population et toutes les formes d'institutions » où chaque membre de celles-ci devient animateur du développement, en d'autres termes un « citoyen rwandais rénové », un « démocrate-responsable » qui doit toujours, partout où il est et qui il est, se sentir obligé à participer activement au développement national.
Personne n'ignore que la presque totalité de la population rwandaise est essentiellement rurale et agricole. Point n'est besoin d'insister sur l'attention que doit attirer ce secteur en matière de développement. Nous sommes convaincus que ce séminaire, invité par les responsables du Mouvement Coopératif, trouvera, dans son effort de réflexion, des voies et moyens pour la promotion de ce secteur rural par le canal du Mouvement Coopératif.
Celui-ci devra être restructuré, planifié et adapté à la situation actuelle de notre Pays. Ce Séminaire aura donc pour tâche essentielle d'analyser les structures de ce mouvement coopératif, de rendre compte de ses conditions de fonctionnement, des règles qu'il s'impose et des conduites auxquelles il incite ses membres, de marquer quels sont ou quels doivent être ses rapports avec les autres formes de l'économie nationale, et enfin d'inventorier, dans la mesure du possible, toutes les valeurs qui, au-delà des quantités économiques, achèvent en l'homme rwandais sa vocation morale et sociale.
La doctrine qui doit guider et inspirer le Mouvement Coopératif ne saurait trouver des bases morales en dehors de l'ensemble des mobiles et des jugements de valeurs qui orientent les volontés des coopérateurs et déterminent leurs conduites. Ces mobiles et ces jugements s'inspireront des principes du Mouvement Révolutionnaire National pour le Développement et seront à la fois la condition et le produit des activités coopératives.
Le Mouvement Coopératif devra, pour remplir sa mission, grouper, seconder et, même dans certains cas, reconstituer les petites unités et activités de l'économie ménagère et de l'économie paysanne et artisanale car, ces petites unités, petites mais innombrables, jouent au total, quant au nombre de personnes qui les composent, quant à la masse et à la valeur des biens économiques qu'elles utilisent, qu'elles portent au marché et en retirent, un rôle au moins du même ordre de grandeur que les entreprises capitalistes.
Dans son effort de restructuration, de planification et d'adaptation aux réalités nationales, le Mouvement Coopératif devra trouver des solutions adéquates à des difficultés d'ordre technique et juridique que connaissent une multitude d'organisations coopératives et pré-coopératives réparties dans tout le pays.
Aussi, ce Séminaire sur le Mouvement Coopératif contribuera-t-il à préciser et à informer ce que doit être une bonne organisation coopérative, sa gestion et son administration.
Mais, tout l'intérêt que peut présenter ce Séminaire serait diminué si tout le long de votre réflexion vous n'aperceviez pas clairement que, de la liaison de toutes les formes de la coopération, dépend la solution des problèmes les plus généraux de l'économie coopérative dans son ensemble. Il s'agit notamment de la structure de l'organisation de la production, de l'écoulement et de l'approvisionnement des coopératives et du caractère vétuste de ces fonctions principales.
C'est dans cet esprit que Nous voudrions attirer l'attention du Séminaire sur deux problèmes essentiels, deux efforts qui Nous semblent d'une importance vitale pour l'avenir du Mouvement Coopératif et qui, poursuivis avec méthode, hâteraient l'établissement de la société prospère et solidaire que veut notre Mouvement Révolutionnaire National pour le Développement.
L'un est la question des relations entre les coopératives de consommation et les diverses formes de la coopérative agricole, et c'est tout le problème des rapports entre les centres urbains et les campagnes. Nous souhaitons que dans ce Séminaire vous réfléchissiez sur les moyens adéquats à mettre en œuvre pour que les coopératives de consommation et les coopératives de producteurs agricoles puissent harmoniser et articuler leurs efforts, que par leurs ententes, toute une révolution silencieuse et profonde puisse s'accomplir dans l'économie sociale.
L'autre est la question des groupements ouvriers autonomes et du rôle qu'ils peuvent jouer dans l'organisation coopérative. Cette question a comme corollaire l'existence dans les communes d'une jeunesse dynamique mais sans emploi, et dont la conséquence est l'exode rural et la création dans les centres urbains de foyers de parasitisme.
Nous espérons qu'à l'issue de ce Séminaire, ces problèmes auront trouvé des solutions efficaces et durables. Les recommandations qui s'en dégageront permettront le Mouvement Coopératif de diffuser des formules et des méthodes nouvelles de production d'une part, et d'assurer le passage sans troubles ni heurts de l'économie traditionnelle et dualiste à celle du type moderne d'autre part. Ainsi le Mouvement Coopératif en puisant son dynamisme et sa substance à la source du Mouvement Révolutionnaire National pour le Développement progressera sur la voie de la prospérité, de la liberté et de la solidarité qui n'est pas une solidarité mécanique ni une solidarité confuse de foule, mais une solidarité consciente qui met en jeu la responsabilité de chacun, le respect de soi-même et, dans une même attitude, la volonté de concourir à l'œuvre commune.
Tels sont les souhaits que nous formulons pour le séminaire du Mouvement Coopératif que vous commencez.