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  • « Je crois qu'il faudrait que l'on définisse les responsabilités à partir de nos traditions et que le chef ne soit plus considéré comme étant au-dessus des autres, mais un parmi les autres, et un serviteur. Voilà mon idéal. »
    Jeune Afrique N° 1439 - Kigali, Rwanda le 3 août 1988

Silence sur un attentat

Le 6 avril 1994, le tir d’un missile SAM 16 cause l’explosion d’un avion Falcon 50, ayant appartenu au président François Mitterrand, et tue deux chefs d’Etat africains, leurs collaborateurs et trois Français à l’aéroport du Rwanda. A la suite de cet attentat terroriste, un effroyable massacre et une catastrophe humanitaire plongent l’Afrique centrale dans l’horreur et le chaos. Quelques mois plus tard, le Conseil de Sécurité des Nations Unies crée un Tribunal Pénal International pour juger les responsables de crimes de génocide et de crimes contre l’humanité au Rwanda. Dès le début des procès, le dossier de l’attentat est brutalement écarté par le procureur Louise Arbour. Il ne sera plus ouvert par son successeur Carla del Ponte. Pourquoi cet avion abattu, qui a déclenché le génocide, est-il ignoré, rangé et classé sans suite, dans les tiroirs du Tribunal, près de dix ans après les faits ? Pourquoi, à ce jour, aucun criminel tutsi n’est poursuivi par la justice alors que plusieurs milliers de hutu croupissent en prison depuis quatre à six ans sans jugement ? Pourquoi l’actuel président du Rwanda, le dictateur Paul Kagame, soupçonné d’être l’auteur de cet acte terroriste, menace-t-il la France et le juge Jean-Louis Bruguière, chargé de l’enquête sur cet attentat ? Pour comprendre les contradictions de la lutte contre le terrorisme, la montée du mensonge d’Etat et les liens que des terroristes ont parfois avec l’Occident, plusieurs experts, diplomates, hauts fonctionnaires de l’ONU, journalistes d’enquêtes et avocats ont décidé de rompre la loi du silence.

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