• « Il va s'agir de faire respecter cet Accord de Paix. Il va falloir réguler nos comportements. Il va falloir à nous tous, Rwandaises, Rwandais, où que nous soyons à travers le monde, nous dépouiller des sentiments de revanche et d'antagonismes. Il va nous falloir panser nos plaies, surtout les plaies du cœur pour nous tourner vers l'avenir, confiants en la prospérité de notre Pays. »
    Cérémonie de signature de l’accord de paix - Arusha, Tanzanie le 4 juin 1993

Cinquième Sommet CEPGL

Citoyen Président de la République du Zaïre et Très Cher Frère,
Citoyenne,
Monsieur le Président de la République du Burundi et Très Cher Frère,
Madame,

Comme j’ai eu l’occasion de le manifester cet après-midi lors de la cérémonie d’ouverture de la 5ème Session Ordinaire de la Conférence des Chefs d’État de la Communauté Économique des Pays des Grands Lacs, je voudrais, une fois de plus, exprimer la joie que tout le peuple rwandais et moi-même, ressentons, de Vous accueillir parmi nous. Je Vous souhaite de nouveau la chaleureuse bienvenue et un agréable séjour en République Rwandaise.

Le peuple rwandais, regroupé au sein du Mouvement Révolutionnaire National pour le Développement, est particulièrement heureux de Vous renouveler son amitié profonde et ses sentiments fraternels, à l’occasion de Votre séjour au Pays des Mille Collines.

Citoyen Président,
Monsieur le Président,
Honorables Invités,

La force de toute famille africaine se mesure au nombre de personnes qui la composent. Aussi je salue avec joie toutes les personnalités qui ont répondu à mon invitation. Je leur exprime ma profonde gratitude pour avoir accepté de se joindre à nous pour consolider notre famille de la Communauté Économique des Pays des Grands Lacs.

Point n’est besoin de rappeler que la création de la CEPGL, il y a maintenant plus de cinq ans, est l’expression vivante de notre souci permanent de resserrer davantage les liens séculaires d’amitié et de solidarité qui lient nos trois peuples respectifs.

Je saisis cette heureuse occasion pour réaffirmer, une fois de plus, notre foi inébranlable dans cette forme de coopération que nous avons librement choisie, et qui répond heureusement à l’engagement des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Organisation de l’Unité Africaine pris à Lagos, en Avril 1980. Nous devons nous consacrer, toujours davantage, à la lutte pour l’indépendance économique du continent Africain, en procédant, étape par étape, par la mise en place des ensembles économiques régionaux qui, d’ici l’an 2000, aboutiront à la création d’un Marché Commun Africain, prélude à la Communauté Économique de l’Afrique.

Il est vrai que nous ne pouvions pas aller à contre-courant de l’histoire qui nous a placés dans une même entité géographique, dans laquelle nous avons toujours oeuvré et communié à une même tradition et à une même culture.

De même, notre région ne pouvait pas ignorer les efforts en cours dans toutes les parties de l’Afrique, en vue justement de créer des ensembles régionaux : voie obligée pour atteindre l’unité et l’indépendance tant politique qu’économique de l’Afrique.

Citoyen Président,
Monsieur le Président,

En vue de permettre à nos peuples de réaliser leurs aspirations, nous avons voulu, en créant la CEPGL, étendre le champ d’application de notre coopération régionale à plusieurs domaines du développement socio-économique de nos pays. Et, à cet égard, nous pouvons à ce stade nous réjouir du pas déjà franchi.

Ainsi pour intensifier les échanges entre les habitants de nos pays, la libre circulation de nos fonctionnaires et de nos hommes d’affaires est devenue effective depuis le 20 juin dernier.

Dans le domaine économique, nous avons programmé des projets communautaires d’une grande importance tels que les cimenteries de Katana et de Mashyuza ainsi que le projet bouteillerie-verrerie de Bujumbura.

Dans le domaine scientifique, nous avons mis sur pied un Institut de Recherche Agronomique et Zootechnique. (IRAZ) qui, j’ose l’espérer, nous permettra de franchir un pas de plus dans nos études ainsi que dans la mise en œuvre des projets communautaires du domaine agronomique et zootechnique.

Dans le domaine financier, l’utilité et l’importance de la Banque de Développement des États des Grands Lacs, comme devant apporter un appui aussi bien logistique que financier aux projets de nos pays n’ont pas besoin d’être démontrées.

Dans le domaine médical, nous avons institutionnalisé des rencontres périodiques des responsables sanitaires qui doivent notamment chercher les voies et moyens d’enrayer des épidémies qui frappent souvent à nos frontières respectives.

Citoyen Président,
Monsieur le Président,

Je vous ai, ce matin, dressé le bilan de toutes les réalisations accomplies par notre jeune Communauté.

Je pense en particulier à l’énergie hydraulique et à l’énergie solaire. Dieu nous a donné en abondance l’eau et le soleil, et l’intelligence pour en tirer tout ce dont nous avons besoin.

Je pense à la tourbe dont plusieurs de nos vallées sont richement pourvues. Je pense aussi au gaz méthane du Lac Kivu qui, une foil exploité, pourra non seulement se substituer en grande partie à l’énergie pétrolière, mais encore nous aider, par ses produits dérivés, à développer l’agriculture qui constitue dans nos trois pays la base de notre économie.

Je m’en voudrais, néanmoins, de ne pas souligner à nouveau l’importance que nous attachons à l’Organisation de la CEPGL pour 1’Énergie des Grands Lacs, communément connue sous le sigle « EGL ».

L’utilité de cette entreprise commune est à la mesure de l’importance des problèmes énergétiques dans l’économie moderne. Et, le Rwanda croit qu' »énergie » ne signifie pas seulement pétrole, car à côté de celui-ci personne n’ignore l’intérêt que la communauté internationale a porté actuellement aux énergies nouvelles et renouvelables.

Il faut en effet, principalement pour notre agriculture et nos industries, qu’une attention plus soutenue soit également portée sur les sources d’énergies autres que le pétrole.

Citoyen Président,
Monsieur le Président,

Ainsi donc la Communauté Économique des Pays des Grands Lacs continue sur sa lancée, suivant la mission que nous lui avons confiée, en 1976, et l’impulsion que nous lui insufflons chaque année lors de nos différentes rencontres.

Nous n’aurions cependant pas, malgré les bons résultats déjà atteints, de raisons d’être moins vigilants. Beaucoup d’efforts restent encore nécessaires.

C’est ainsi que des actions plus dynamiques doivent être soutenues pour promouvoir davantage des domaines prioritaires de développement tels que les communications et les transports. Le développement de ces deux domaines est pour notre Communauté la principale priorité si nous voulons trouver une voie de sortie et de survie de nos trois pays.

L’enclavement de notre région constitue à ce point un des principaux goulots d’étranglement de nos économies que nous devons nous consacrer, avec plus de vigueur, à la réalisation des actions communautaires déjà programmées pour assurer nos voies d’approvisionnement.

Citoyen Président et Très Cher Frère,
Monsieur le Président et Très Cher Frère,

Certes, les difficultés pour construire une noble entreprise comme la CEPGL sont nombreuses. Je m’en veux pour preuve l’insuffisance de moyens matériels et financiers pour mener à bonne fin tous nos programmes.

Nous devons cependant nous féliciter que, malgré nos ressources limitées, nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour faire vivre la Communauté.

Je sais que le Secrétariat Exécutif Permanent ainsi que nos organismes spécialisés souhaiteraient que les moyens plus importants soient mis à leur disposition. Engagés que nous sommes dans la dynamique du progrès, et eu égard à la conjoncture économique à laquelle nos pays ont à faire face, ils doivent comprendre cependant que nous sommes confrontés actuellement à des situations économiques difficiles. C’est la raison pour laquelle il ne nous est pas toujours possible de répondre à toutes leurs sollicitations.

Citoyen Président et Très Cher Frère,
Monsieur le Président et Très Cher Frère,

Il m’est particulièrement agréable de saluer de tout coeur la présence parmi nous du Distingué Représentant de Son Excellence Monsieur Ahmadou Ahidjo, Président de la République Unie du Cameroun et Président en Exercice de l’U.D.E.A.C.

Monsieur le Représentant du Président en Exercice de l’U.D.E.A.C,

Votre déplacement de Yaoundé à Gisenyi témoigne à suffisance de l’intérêt que notre Frère le Président Ahidjo attache à la promotion de la coopération économique de l’Afrique en général et de la coopération économique dans la région d’Afrique Centrale en particulier.

Dès votre retour dans votre pays, vous voudrez lui transmettre nos salutations les plus cordiales et nos chaleureux sentiments d’amitié, de fraternité et de reconnaissance.

Citoyen Président,
Monsieur le Président,

Je voudrais, enfin, profiter de cette occasion pour rendre de nouveau un vibrant hommage à tous les pays et organismes amis qui ont répondu à notre appel et qui n’ont pas ménagé leur soutien moral et financier à la CEPGL, en vue de l’aider à réaliser les objectifs que nous lui avons assignés dès sa création.

Je prie donc leurs Distingués Représentants ici présents être nos fidèles interprètes pour traduire nos sentiments de profonde gratitude pour tout l’appui que leurs pays et organismes ne cessent de témoigner à la C.E.P.G.L.

Citoyen Président et Très Cher Frère,
Monsieur le Président et Très Cher Frère,
Monsieur le Représentant du Président en Exercice de l’U.D.E.A.C.,
Monsieur le Secrétaire Général de l’OUA,
Monsieur le Secrétaire Exécutif de la CEA,
Honorables Invités,
Citoyennes, Citoyens,
Mesdames, Messieurs,

Qu’il me soit permis de remercier de nouveau les Distingués Représentants des Organisations Africaines et Internationales ainsi que tous les observateurs présents aujourd’hui à Gisenyi pour avoir aimablement répondu à notre invitation.

Nous considérons leurs présence parmi nous comme une marque de soutien aux efforts que les pays de la CEPGL déploient pour asseoir une coopération économique sous régionale a même de contribuer a l’épanouissement des populations de la région des Grands Lacs.

Citoyen Président,
Monsieur le Président,

II se fait tard, et après une journée d’intense travail comme celle-ci, je ne voudrais pas abuser de Votre patience,

J’aimerais toutefois Vous redire que nombreuses seront les difficultés que nous pourrons éprouver, plus forte devra être notre volonté de les affronter pour consolider notre jeune Communauté. C’est le sens même de l’histoire et c’est la volonté de nos peuples, comme bien entendu c’est notre devoir en tant que Dirigeants des destinées de nos populations d’exécuter cette volonté.

Qu’il me soit enfin permis de prier tous les Distingués Invités de bien vouloir lever leur verre et porter le toast à la santé et au bonheur de mes Frères, les Présidents Mobutu Sese Seko et Jean Baptiste Bagaza ainsi que de leurs épouses, au bonheur et à la prospérité des peuples frères du Zaïre et du Burundi, à l’amitié et à la solidarité entre nos trois pays, à l’unité africaine et à la Coopération entre les Peuples.

Vive la Communauté Économique des Pays des Grands Lacs,
Vive l’Unité Africaine,
Vive la Coopération Internationale,
Vive l’Amitié entre les Peuples.

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Le Rwanda ne cesse de joindre sa voix à toutes celles qui réclament l’instauration rapide, d’un Nouvel Ordre Économique International plus juste et plus équitable, qui tienne compte de l’interdépendance réelle et de la solidarité nécessaire entre les pays industrialisés et les pays en voie de développement.